mardi 29 octobre 2013

La Toile change leur tĂŞte !

« J’aimerais trouver une solution au décrochage des jeunes en apprentissage », confiait au printemps dernier un responsable de formation.
« Savoir chercher l’information, la trier pour pouvoir décider », là réside l’enjeu des années lycée, affirmait à la rentrée scolaire un directeur d’établissement.
« ça ne sert à rien d’apprendre ! », lançait récemment une jeune de 16 ans, excédée.
Mais quel est donc le point commun à ces trois situations vous dites-vous ? C’est la Toile mondiale et les profondes mutations que son utilisation fait advenir dans l’ensemble de nos cultures et de nos sociétés.
Connectés, nous sommes tous connectés ! Une question, un « chat » à prolonger, une idée à partager, un avis à donner ? instantanément, sort de notre poche, l’outil qui nous relie à la Toile mondiale, à nos amis virtuels, à nos voisins immédiats, comme les nomme Michel Serres, dans son essai philosophique « Petite poucette ».
Le temps d’une vie humaine, par l’intermĂ©diaire de l’internet, le savoir est devenu disponible Ă  tout moment, en tout lieu, pour tout individu… connectĂ©. Et « Les sciences cognitives montrent que l’usage de la Toile, la lecture ou l’écriture au pouce des messages, la consultation de WikipĂ©dia ou de Facebook, n’excitent pas les mĂŞmes neurones, ni les mĂŞmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations Ă  la fois. Ils ne connaissent, ni n’intègrent, ni ne synthètisent comme nous, leurs ascendants. Ils n’ont plus la mĂŞme tĂŞte. »
Comme une sorte de révolution de la pensée et de l’intelligence est en marche. A l’école, dans les collèges, les lycées, les universités, mais aussi dans les entreprises, n’ayons pas peur de prendre le temps de les observer, de les écouter, nous, qui sommes nés avant l’avènement du web. Pour mieux comprendre leur quête et ainsi construire ensemble, en capitalisant sur cette nouvelle intelligence collective, dans une visée de long terme, des projets partagés. Le premier bénéficiaire dans l’entreprise, l’institution ou l’association, n’en sera-t-il pas l’Homme, qui en est le centre ?